Choc hypothermique : causes, symptômes, traitement et prévention
Qu'est-ce que le choc hypothermique?
Le choc hypothermique survient lorsqu'une personne est soudainement immergée dans l'eau froide. C'est une réaction physique involontaire qui peut entraîner une augmentation rapide du rythme cardiaque et de la pression artérielle, des spasmes musculaires et des difficultés respiratoires. Ces symptômes conduisent à leur tour à une perte de la capacité de nager, à l'inconscience et donc à la noyade. Le choc hypothermique peut être fatal en quelques minutes, même pour les personnes en bonne santé.Qu'est-ce qui cause un choc hypothermique?
Contrairement à la croyance populaire, il est possible de subir un choc hypothermique même dans des eaux qui ne sont pas techniquement "froides". L'eau à 21°C ou moins présente le plus grand risque, et comme la plupart des eaux canadiennes maintiennent une température de 15°C ou même plus froide pendant la majeure partie de l'année, il est facile de comprendre que le choc hypothermique est un problème sérieux pour les plaisanciers canadiens.Symptômes du choc hypothermique
Le choc hypothermique survient lorsque la température corporelle chute soudainement. La cause la plus fréquente est l'immersion soudaine dans l'eau froide, qu'on appelle alors choc dû à l'eau froide. L'hypothermie peut suivre si la personne continue d'être exposée à de basses températures, particulièrement si ses vêtements sont mouillés. Les symptômes du choc hypothermique se divisent en trois stades :Premier stade du choc hypothermique : réponse initiale
Dès que la personne est submergée, elle halète involontairement, ce qui peut l'amener à inhaler de l'eau si sa bouche est sous la surface. S'ensuit une augmentation brutale de la ventilation pulmonaire, multipliée par quatre, menant à une hyperventilation intense. La personne peut être incapable de parler ou d'appeler à l'aide, et peut subir de petits spasmes musculaires qui l'empêchent de nager, augmentant le risque de noyade. De plus, on observe une augmentation importante du rythme cardiaque et de la pression artérielle, qui peut être mortelle en soi, particulièrement chez les personnes âgées ou moins en santé. Ces réactions durent typiquement pendant les deux à trois premières minutes, une période critique suivant une chute par-dessus bord.Que faire : Se concentrer sur le contrôle de sa respiration et éviter la panique.
Deuxième stade du choc hypothermique : la demi-heure suivante
Pendant le stade intermédiaire, le rythme cardiaque et la pression artérielle diminuent, tout comme la respiration. Les mouvements et la coordination deviennent de plus en plus difficiles. La victime devient confuse, irrationnelle et somnolente. Durant cette phase, qui survient entre trois et trente minutes après l'immersion, la plupart des décès sont liés à l'incapacité de nager. En fait, l'impossibilité de nager menant à la noyade est la cause de décès la plus commune suite à un choc dû à l'eau froide. Il faut se rappeler qu'être un bon nageur en eau chaude ne garantit pas qu'une personne pourra nager efficacement en eau froide ou lors d'un choc hypothermique, en raison du stress intense que subit son corps à ce moment-là. Les réponses respiratoires et cardiovasculaires peuvent nuire à la capacité de nager, en plus du « réflexe de plongée », qui cause des difficultés respiratoires (apnée), une baisse du rythme cardiaque (bradycardie), et même un arrêt cardiaque (asystolie). Il est fréquent de voir une personne tomber par-dessus bord et commencer à nager, puis la voir couler sans raison apparente pendant ce stade.Que faire : Rester immobile et flotter.
Nager ou faire du surplace augmente significativement la perte de chaleur et peut réduire le temps de survie de plus de 50 %.
Troisième stade du choc hypothermique : immersion prolongée ou hypothermie
L'eau froide n'affecte pas le corps de la même façon que l'air froid. Dans l'eau, contrairement à l'air, la surface disponible pour l'échange thermique avec l'environnement approche 100 %, ce qui explique pourquoi l'eau froide est si dangereuse. De plus, l'eau a une chaleur spécifique 1 000 fois plus élevée que l'air et une conductivité thermique environ 25 fois supérieure à celle de l'air. Par conséquent, lorsque le corps est submergé dans une eau plus froide que sa température normale (37 °C), il va inévitablement se refroidir jusqu'à atteindre des niveaux hypothermiques. Durant le dernier stade, la respiration et le pouls sont faibles, irréguliers ou absents. La victime est généralement inconsciente. Après trente minutes ou plus dans l'eau, l'hypothermie peut entraîner la mort.Que faire : Sortir la personne de l'eau et se concentrer sur son réchauffement de manière appropriée.
Entre-temps, appeler les secours.
Comment traiter le choc hypothermique?
Lorsqu'on subit un choc hypothermique, la première et la plus importante étape est de sortir du froid. Si une personne tombe dans de l'eau froide, essayez de la ramener à bord du bateau à l'aide d'une ligne d'attrape flottante si possible. Si cela est impossible, elle devrait s'accrocher à une bouée ou un marqueur, et essayer de rejoindre la rive avant de perdre trop de chaleur corporelle ou sa capacité de nager. Une fois la personne hors de l'eau, la mettre à l'abri à l'intérieur ou chercher un refuge sur le bateau, car l'effet du vent sur des vêtements mouillés peut aggraver les symptômes. Ensuite, la personne doit être réchauffée. Comme son corps est en état de choc, il est important de procéder graduellement. Suivez ces étapes :- Enlever les vêtements mouillés et les remplacer par des vêtements secs.
- Se couvrir de couvertures sèches.
- Utiliser un chapeau et une écharpe pour couvrir la tête et le cou.
- Rechercher un contact avec des surfaces sèches et chaudes proches de la température corporelle normale (entre 35 °C et 45 °C).